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Terre Adélie (TA50), un souvenir.

Terre Adélie (TA50), un souvenir. Posted on 12 Dicembre 2020

Ce billet est en Français car j’aimerais le partager avec celles et ceux qui on voyagé avec moi à bord de l’Astrolabe en décembre 2000. Toutes les images sont de (c) Lucia Simion. Questo post è in francese, più sotto troverete una traduzione in italiano.

Il y a vingt ans jour pour jour – le 12 décembre 2000 – j’arrivais à Dumont d’Urville après une traversée de six jours depuis Hobart, à bord de l’Astrolabe. A’ l’époque c’était le petit Astrolabe bleu blanc rouge, affrété par les TAAF et l’IPEV (65 m de long, 1700 t): pendant trente ans, de 1988 à 2017 il a bravé les tempêtes de l’océan austral entre la Tasmanie et la terre Adélie pour ravitailler la base Dumont d’Urville et transporter du fuel, des denrées alimentaires et du fret (par exemple: tout le matériel pour la construction de la base franco-italienne Concordia…..). Ci-bas: l’Astro à quai à Hobart en Tasmanie.

Cher petit Astro! Dès qu’on franchissait le Tasman bridge à Hobart – en direction de la ville – on l’apercevait, là bas sur la gauche, à quai sur le Macquarie Wharf n. 5. Oui, il était bien là pour nous emmener en Antarctique….Même si à son bord j’étais toujours malade………j’aimais ce vaillant petit bateau. 

Malheureusement pour lui, au lieu de partir à la retraite dans un musée (comme la Fram à Oslo ou le Discovery à Dundee) il a été vendu pour 300.000 dollars  à l’ONG américaine YWAM qui l’a transformé en hôpital flottant en Papouasie Nouvelle Guinée….une bien triste fin de vie pour ce brave petit navire polaire qui a tant contribué au développement de la science et de la logistique en terre Adélie, à Dôme C, à Concordia et qui a transporté de nombreux Italiens qui se rendaient à Dome C ou à BTN. L’ONG YWAM l’a fait repeindre en blanc, j’ai vu une photo: il est un peu rouillé et a l’air tristounet….

Mais revenons-en au mois de décembre 2000: l’Astro avait quitté le quai Macquarie le 6 décembre à 5h50 du matin. Nous étions partis tout doucement le long du Derwent river et je regardais défiler Hobart qui se réveillait sous un beau soleil. Yvon Guédez, le commandant de bord – avait prévu que la traversée serait bonne et qu’on arriverait à DDU le 11 décembre dans la journée; d’après les images satellitaires – nous avait-il dit – il n’y avait pas beaucoup de glace et la banquise était disloquée. Jean-Luc Grosguennec était le commandant en seconde et Olivier Vernier le mate. Ci-dessous: Yvon Guédez (à droite) et Jean-Marie Jaguenaud (à gauche) lors d’une séance de philatélie à bord de l’Astrolabe. Le commandant Guédez est décédé en 2008.

En effet le 11 décembre vers 16h, après une traversée assez tranquille, l’Astro entrait dans la banquise disloquée et se frayait un chemin dans les chenaux d’eau libre parmi un puzzle de plaques de glace de mer. Sa proue cognait contre les blocs de banquise: le bruit était semblable à celui d’un marteau qui tape sur du métal: bang-bang….! Les blocs se brisaient et se retournaient comme des morceaux de gâteau et on apercevait des couches jaunâtres, c’était le plancton piégé dans la banquise. La proue de l’Astro n’était qu’à trois ou quatre mètres au dessus de la glace et nous regardions le navire naviguer doucement dans ce labyrinthe de blocs glacés – vers la terre Adélie et l’archipel de Pointe-Géologie. Au loin, des énormes icebergs tabulaires étaient figés dans la banquise. Ça caillait…..

Parmi les passagers à bord il y avait Jean-Marie Jaguenaud, le directeur de la Philatélie des TAAF: il m’avait raconté avoir hiverné et à DDU en 1990, en tant que Gérant Postal. Avec Jean-Marie (dit JMJ) il y avait Serge Markò (1926-2014), peintre de l’Armée de Terre, de l’Air et de la Marine, qui venait à DDU pour réaliser des aquarelles d’un Carnet philatélique de Terre Adélie. Serge avait déjà signé un Carnet philatélique « Australes », émis en 1999. Ci-bas: Serge Markò à DDU, près du bâtiment 42, au milieu des Adélie, avec sa boîte d’aquarelles et son carnet de croquis.

Lors de cette rotation de l’Astro il y avait deux pilotes d’hélico (Olivier Marcon et Loïc Jegou), une psy – Sylvie – ainsi que la relève des hivernants de la TA50: je me souviens de Caroline, Camille, Jean-Baptiste, Hélène, Geneviève et de tous les autres de la TA51….J’aurais tellement aimé hiverner moi aussi à Dumont d’Urville! Un rêve que je ne suis pas parvenue à réaliser…

A’ quelque encablures de DDU nous avons aperçu le continent, c’était la calotte glaciaire qui descendait vers la côte, elle avait la même couleur du ciel, c’était comme la surface de la Lune….Puis voilà les bâtiments de la base, surtout le 42 et le bâtiment de Géophy. Mais c’était trop tard pour débarquer ce soir là: nous débarquâmes le lendemain. 

Nous étions aux abords de l’îles des Pétrels et l’hélico était prêt pour débarquer….les sacs postaux d’abord et ensuite les passagers. Voir ci-dessous.

A’ la DZ j’ai posé mon pied en terre Adélie! Nous avons été accueillis par Pierre David – Pierrot – Chef des opérations en terre Adélie (des EPF avant, puis de l’IPEV). Pour me donner la bienvenue il avait fait arborer un drapeau italien à coté du drapeau français. (voir ci-dessous)

Peu après mon débarquement j’ai suivi JMJ et Serge Markò à la Gérance postale de DDU, où j’ai fait la connaissance de Jocelyne Le Bret, la Gépette – alias le Gérant postal – et de ses collaborateurs. Jocelyne est une des deux premières femmes à avoir hiverné à Dumont d’Urville. Ci-dessous: à gauche Jocelyne Le Bret, Gérant Postal de la TA50 (“Gépette”) et une cliente – Carole – à l’intérieur de la GP.

Lors de cette escale à DDU j’ai eu la chance de visiter la cabane Marret ainsi que la base Robert Guillard, point de départ du raid vers Concordia, distante de 1200 km: j’ai même parcouru quelques kilomètres à bord du Caterpillar de Patrice Godon, le patron du raid, qui revenait tout juste de Dome C.

Que de bon souvenirs de ce séjour à Dumont d’Urville en terre Adélie: la vue sur la banquise et le ciel nocturne mauve et rose, depuis ma chambre à coucher du bâtiment 42; les Adélie qui nichaient juste en dehors du dortoir et de la salle à manger; les bons moments passés à la Gérance postale. Et des copains avec qui je suis toujours en contact. J’ai même eu l’honneur d’être nommée « Marraine de la TA50 »….ça fait chaud au coeur. 

Quelque jours après j’ai embarqué à bord d’un Twin Otter de Kenn Borek – destination la base italienne Baia Terra Nova (BTN) qui depuis 2003 s’appelle Stazione Mario Zucchelli (MZS). A’ bord du Twin nous n’étions que quatre: les deux pilotes, Jim Haffey et John Thorsteinsson et Pierrot David, qui se rendait à BTN pour ensuite s’envoler à Christchurch acheter du matériel pour DDU. Après plusieurs heures et après avoir survolé les Monts Transantarctiques nous sommes arrivés en vue de la Mer de Ross et du volcan Melbourne. Puis, en quelque bonds, nous avons atterri sur la banquise en contrebas de la base italienne. Quelqu’un était venu nous chercher en jeep. A’ cause du décalage horaire entre DDU et BTN il était déjà une heure après minuit, mais le soleil brillait et la lumière était dorée, comme en été chez nous. En bas: Pierre David (au centre ) avec des campagnards d’été lors de la TA52 – à bord de l’Astrolabe.

Un breve riassunto in Italiano: Vent’anni fa, il 12 dicembre 2000 (un giorno prima del mio onomastico…..) sbarcavo a Dumont d’Urville nella terre Adélie, dopo un viaggio di quasi una settimana a bordo dell’Astrolabe. Eravamo partiti da Hobart il 6 dicembre.

Il Programma polare francese (che all’epoca si chiamava ancora IFRTP, poi ribattezzato IPEV, Institut Polaire Paul-Emile Victor) mi aveva accreditata come giornalista, in accordo con il PNRA. La mia missione: documentare la costruzione della base italo-francese Concordia a Dome C, il progetto di perforazione in ghiaccio europeo EPICA e la vita nelle basi Dumont d’Urville (DDU), Baia Terra Nova (dal 2003 ribattezzata  Stazione Mario Zucchelli, vedere la foto qui sopra) e al campo di montaggio di Concordia a Dome C. Il 17 dicembre – a bordo di un Twin Otter di kenn Borek Air – Pierre David ed io, con i due piloti Jim Haffey e John Thorsteinsson abbiamo volato da D10 (presso DDU) a Baia Terra Nova, BTN. Nel volo fra DDU e BTN ci siamo fermati a far rifornimento a C3 – un punto sperduto nel nulla a 3 ore da DDU e a 2,2 da BTN. C’era una tenda con quattro persone – fra cui Salvatore Piras: erano lì dal giorno prima (a -20°C), avevano preparato la pista per il Twin Otter e trasportato carburante per i refuelling. Ci hanno raccontato di avere problemi con la stufa, ma non sembravano morti di freddo….C’est l’Antarctique….

TUTTE LE FOTO: (c) Lucia Simion